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08.07.2003
Il
pointe un baton cendreux dans sa bouche et appuie sur la détente....
du gaz lumineux lui emplit les yeux et son ombre décolle,
glisse sur
le vent carbonne, son sang s'évapore dans le grésillement
de l'ozone,
et son spectre en négatif s'étire pour ne faire qu'un
avec la fumée noire des néons incertains.
24.07.2003
Là bas... où les matins entassent sur les routes les
populations aux visages las et fatigués. Là bas où
la saturation générale envahit le champs même
des consciences. Course de l'urgence en mode survie dans un milieu
surpeuplé confinant à la servitude. Pensées
compactées, corps compressés, entre les états
arbitraires des populations aux mentalités apeurées
se rendant mutuellement esclaves. Parmi les néons en mouvement,
le béton nébuleux, les passages de verre, le larsen
urbain, j'ai pourtant trouvé de la vie, d'autres esprits
non encore broyés et en quête de liberté. Si
le jour fut notre noyade, la nuit fut notre île et la réunion
de l'ensemble des champs des possibles. Nos errances nocturnes en
plongée urbaine où le corps se fond dans la densité
des lumières électriques et nos esprits se confondant
avec le son s'élevant par dessus la cité. Ames-photons
au sein d'un accélérateur nucléaire, nos vies
deviennent des réceptacles à émotions, nos
idées ont les ailes et se grillent aux allogènes,
la perception s'égare et les émotions vacillent...
alors que la fatigue vient déjà faucher douloureusement
nos visages extatiques pour qu'un peu plus tard nos corps las réintègrent
la collective marche mécanique diurne...
25.07.2003
c'est quand la douleur cesse qu'on est en train de mourir
froide mécanique de l'asservissement
intime souffrance irradiant le cerveau d'une anesthésie des
sens
il ne restera plus que la chute comme échapatoire...
dans la frontière narcotique de l'esprit en dérive
disparaitre dans le brouillard et la nuée
au delà l'horizon à demi éclairé
se raccrocher au ciel cathodique avant que le crash neigeux n'arrive...
une porte s'ouvre de l'extérieur
basculement logique inversé
contre-jours sacadé à la perspective déformée
quelque chose flotte au seuil de la chambre noire...
11.08.2003
Je me souviens de ces dimanches soirs de mon enfance où je
regardais la route défiler à l'arrière de la
voiture. Assommé par l'engourdissement du trajet je laissais
mon front reposer sur la vitre et mon regard plonger dans le ballet
nocturne et hypnotique des phares des autos au contours invisibles.
Flux et influx lumineux continuels, paisibles et flottants, rouges
et jaunes. Plus loin défilait le Rhône, s'étirant
à l'infinit me semblait-il au reflet des lumières
électriques et mon esprit dérivait dans cette bulle
de paisible détachement, aux accents si somptueusements irréels.
Parfois surgissait des structures élancées d'un métal
irrisé de lumière, fièrement dressés
dans la nuit, postes avancés, gardiens des lumières
de ce monde, dont les tuillères montaient à l'assaut
du ciel obscur... Le monde n'existait plus, seul existait ces trajectoires
de feu, la navigation des machines et des hommes à travers
la nuit, projection spaciale de la liberté, toile logique
décentralisée.
02.09.2003
_ défilement extatique des néons incurvés
sur la route éclairée en un trait luminescent
déroulement de la pensée, dévidement des sentiments
réduit à l'angle lumineux d'un rayon aveuglant
_ plissant les yeux sous son sourire j'entre aperçu
le scintillement irisé dans son regard d'où fusaient
les vibrants entrelacs des possibles, projections
de mon âme dispersée à l'architecture du firmament
_ brume vacillante irradiant son corps glacé
appuyé au rebord de la nuit, laissant la vision
transpercer le lointain urbain aux vecteurs lumineux :
autant de vies pulsantes sur des fréquences complexes
_ doux froissement de la lumière penchée sur le visage
accroché au vertigineux ballet des ombres-souvenirs
puis la soudaine rupture spatiale de ce rire glissant
sur la peau du temps en contre plongée électrique
... duale
11.09.2003
l'espace d'un instant tout allait bien
le ciel était si clair que l'oeil s'y perdait volontier
les passants marchaient au ralenti dans l'air pur du matin
...
la fin de l'après-midi était ponctuée des pas
citadins pressés
les ronronnements des véhicules avaient quelque chose de
nostalgique
l'atmosphère vibrait de l'emission des ondes des gens reliés
...
la nuit s'étendait le réseau des consciences libérées
aux pensées atomiques
les lumières artificielles illuminaient l'aspect syncopé
des promesses déliées
l'espace d'un instant les vies devenaient chaotiques
25.09.2003
tombe...
...l'âme écrasée sur le bitume glacé
pour seuls témoins les néons sporadiques
le corps parcouru d'un rire syncopé
se perdant parmi le dédale du ciel à l'architecture
tragique
laisse...
...à nouveau l'inéluctable franchir le seuil:
le premier sentiment fuser à travers l'être,
des larmes de phosphore en la béance de l'âme divisée,
les nuages plombés sur la ville vinrent à disparaître
vois...
...le jour passer au ralentit sous ce ciel aseptisé,
les gens glisser comme des scalpels dans la lumière éventrée,
les esprits s'anesthésier sous les douces aiguilles du quotidien,
sur les ondes nos dirigeants prendre des allures de chirurgiens
21.10.2003
J'ai rapporté ce froid intérieur de mes vies passées
Depuis quelques jours il vit en dehors de moi en toute liberté.
Je le sens sur ma peau en train de ramper,
Il murmure mon tourment et commence à le dessiner.
Le froid anesthésie les sens, mais pas les souvenirs :
Entre eux ils glissent, se reflètent, se brisent pour toujours
revenir.
En moi je ne distingue même pas l'être qui l'avait à
nouveau invoqué :
Il devient flou et se distord dans les autres silhouettes du passé.
Je ne souffre plus, ce froid éteint toute émotion
en mon cur,
Reste seulement une mécanique et lancinante douleur :
Celle de la glaciale morsure intérieure qui enchaîne
Mon esprit, lentement l'affaiblit et dans le noir m'entraîne.
Constatation de la chute de l'âme dans la réalité,
Le néant est le ver d'une cosmologie avortée.
Nos vies que nous croyons éternelles
S'élèvent vers les étoiles et meurent avec
elles
14.11.2003
j'attends
avec délectation la chute générale
mon désir de vivre est de l'ordre du mal
eux :
Tu ne peux pas être accompli car tu ne peux chuter.
Un voyage sans but, une marche sans fin, ta vie de son sens est
vidé.
De plonger dans la médiocrité des nuances et des demi-teintes,
voilà ton enfer ;
prisonnier exclusif d'une douce toile de mélancolie dépressive
et amère.
tous :
qui provoque la chute malgré soi
devient à mesure l'envers des rois
lui :
Bientôt la terre recouvrira nos coeurs rouillés,
Brulons les anges à la flamme de notre destinée,
Noyons le ciel, étouffons la mer,
Cette nuit, enfin, sera la dernière !
26.11.2003
...
Tes mots firent ce monde un peu plus mort.
Tels des visages rampant dans ma chair,
Ils creusèrent l'abime noir du remort.
L'empathie donne-t-il sens à l'enfer ?
Ces vies appartiennent-elles au passé ?
Que brûler pour que le ciel s'éclaire ?
La nuit s'écrase, hors de porté.
...
Je circule parmi le béton lunaire.
Mes pas martellent ces quelques pensées,
Sous ma peau la meute hurle, amère.
Les néons soulignent sur la cité
Les mécaniques figées, circulaires,
d'où même les anges ne peuvent s'envoler.
Ta voix vacille sous la lumière.
...
J'observe l'acier de l'aube se lever,
Le Futur comme unique émissaire,
Esquisser le contour des ruines passées.
Au vils spectres de ce lent univers,
Ne nous laissons plus jamais faire !
Au étincelles de notre volonté,
Puisse maintenant nos vies s'embraser !
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