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09.01.2004
Ne pouvons-nous jamais esquiver les balles du temps,
Même si les choeurs des anges sont chargés à
blanc ?
Quand la structure des rêves s'écrase sur cette nuit,
Ne pouvons-nous jamais percer à travers l'atmosphère
de la vie ?
Le béton s'enroule sous mes pas nocturnes,
Je flotte en silence dans la pluie taciturne,
Comme une improbable extase harmonique retrouvée.
Sur les flammes solitaires d'une tragique unité,
Dans les artifices contemplatifs, à travers lesquels l'esthétique
Des structures humaines s'étire dans les lumières
électriques.
Lorsque viendra le jour létal,
Il vrillera mes yeux de ses aiguilles de métal.
La fatigue m'écrasera alors,
Tel du plomb liquide en mon esprit et mon corps.
Ne pouvons-nous jamais nous empêcher de regretter
Que ces univers ne vivent seulement dans des voyages cryptés
?
Et même si la nostalgie de la perte crève notre coeur,
Ne pouvons-nous jamais espérer être ailleurs ?
10.01.2004
Je me souviens de ses brefs moments de liberté.
Je me souviens de ce ciel gris février, d'une année
délavée par toutes celles écoulées.
Je me souviens de ces vieux bâtiments de briques, de béton
et de rouille du siècle dernier.
Je me souviens de cette radio locale indépendante rythmant
nos vies espérées.
Je me souviens de toi et de ce foutu long manteau kaki... dépassé.
Je me souviens des trésors de nos errances et de nos curiosités.
Je me souviens de ces paroles auxquelles nous nous accrochions pour
nous envoler.
Je me souviens que pour nous, la normalité vive s'écrasait
de son impérieuse fausseté.
Je me souviens que seul existait ces brefs glissements hors des
échecs d'un siècle démantelé.
Je me souviens de cette trajectoire temporaire en marges des existences
aux courses emprisonnées.
Je me souviens de cette absurde échappatoire et de cette
volonté d'exister.
Je me souviens de cette alchimie blasphématoire : nous contre
le monde entier.
Je me souviens de cela comme d'un livre inachevé.
Je me souviens de cela comme d'une blessure non refermée.
Je m'en souviens comme si cela n'avait jamais existé.
29.01.2004
la paix est au bord du gouffre
lorsque l'urgence surmonte l'esprit
survient alors le vacillement de la vie
les questions s'écrasent dans l'ironie du souffre
il n'y a rien de pire que les vides intérieurs
ces espaces d'une infinie clarté
l'espoir vacille dans ces visions de douleurs
d'une terre stérile que la conscience a déserté
il reste la fuite dans l'éphémère espérance
:
dans les nuées des réalités sensorielles, l'errance
parmi l'altérité des vies, pour capturer l'essence
et enflammer son âme par dessus l'abîme du silence
29.01.2004
Les lumières s'écoulent sur les vagues sonores et
se déroulent
en spirales syncopée dessinant du ciel les contours des visages
irréels.
La texture devient la structure que l'atmosphère martèle
dans sa démesure
façonnant au feu des désirs artificiels les voyages
d'une génération sans ailes.
Alors que les néons extatiques commencent à fusionner
sur ma rétine tragique,
le corps cloué à ce sol cynique, l'esprit décollé
par d'invisibles filins métalliques,
je vois de silencieuses formations symétriques, ces nuées
d'anges aux harmonies cycliques.
Ils défilent en arcs électriques et leurs choeurs
résonnent de multiples accents synthétiques.
J'accroche finalement ta voix lointaine, vibrante, nostalgique et
incertaine
Tous ces artifices de l'éternité, tous ceci pour embrasser
cette équivoque,
à son nom encore en vain j'invoque, à me plonger dans
les abîmes de ces époques,
à se diluer dans l'humanité anesthésiée,
le coeur transpercé d'acier,
pour errer à te reconnaître, espérer comprendre
et permettre...
...de rechercher ce qui nous rend si différents
Te perdre et te retrouver je ne saurais faire autrement, le chemin
s'étire lentement.
06.03.2004
"Nous
sommes les esclaves du monde moderne", lacha-t-elle soudain.
Acquiescement, en face d'elle, "nous sommes les esclaves
du monde moderne", répéta-t-il dans le sillage
de ses mots. Le ton aurait pu être celui des premières
paroles d'un sermon religieux ou alors quelque chose d'autrement
plus dangereux, me dis-je alors que le souffle brûlant des
vapeurs électriques finissait de me dévorer le cerveau.
"Nous sommes surtout les esclaves de nous même",
continua-t-elle en tournant ses yeux dans les miens. Ma conscience
venait de s'abattre en flamme sur la table, juste entre mes mains,
mais je restais encore immobile, suspendu entre l'ironique détachement
et les pulsations acides... "Rien de plus invisible comme asservissement,
rien de plus anodin", elle jouait avec les reflets de son
verre. "Rien de plus quotidien, et nous finissons par trouver
cela parfaitement normal, emprisonné dans une cage de verre,
de ce mal qui nous ronge, nous écrase, jusqu'à ce
qu'il ne nous permette plus d'en distinguer la source",
continua-t-elle. "Le paradis des miroirs" ricana-t-il.
"D'où vient ce mal ?", dis-je agacé
en tournant vers lui. "De l'intérieur",
répondit-il, "il est une lente anesthésie
que je nomme la 'déception génèse'... la déception
engendrée, d'un modèle inique que nous ne désirons
et n'arrivons même plus à avorter". " Alors,
nous sommes les esclaves du monde moderne", dis-je, "nous
sommes surtout devenus les esclaves de nous même",
mon esprit se fissurait mais je pensais avoir compris. Je sentais
leurs yeux sur ma peau cassante, je ne désirais pas les rencontrer.
La voix et les lueurs mécaniques sur les verres suffisaient,
et cette brûlure intérieure me laissait seul éveillé.
"Nous sommes guidés par la peur", continuais-je.
Silence. "L'esclavage c'est aussi la peur. L'esclavage c'est
la somme de de ce nombre incalculable d'actes que nous réalisons
dans la crainte. Nous nous faisons peur, intérieurement,
mutuellement, tous ensembles, dociles et unis, lâches et soumis."
Ma vue se troublait sur ces mots, je commençais à
de détacher de la gravité de cette pièce, puis
elle ouvrit la bouche et d'invisible filins plombés coururent
sous ma peau : "Toute civilisation a ses mythes, l'homme
a besoin de croire, irrationnel, subjectif, ressenti, parfois grégaire".
Acquiesçant, il leva son verre : "Notre mythe, notre
dieu, c'est aujourd'hui la démocratie et l'Etat. Le règne
de la peur, des prêtres, des masques et des sacrifices n'ont
pas disparu, ils ont simplement pris une nouvelle forme, parce que
l'homme a essayé de se nier sur l'autel de l'orgueil."
Je ricanai, "beaucoup plus de fumée que de feu en
France pour tenir les masses à distance", une musique
lointaine dérivait dans le lointain de la pièce, une
lumière froide vint l'euthanasier. Il reposa son briquet,
elle vida son verre, je me sentais las. "Planifié"
lança-t-elle, "Blanc" murmura-t-il, "Globalement...",
"Carré" finit-il. "Encadré
dans une fuite en avant, l'on glisse sur des vecteurs rassurants,
mais il faut avoir du courage pour observer le chaos entre les mailles,
le désordre derrière les briques de logique de la
muraille..." hasardais-je. "Il faut surtout avoir
du courage pour reconnaître le sien", dit-il, ses mots
se perdirent en spirales de fumées sur mon visage. Le temps
sinneux semblait s'enrouler sur les aiguilles du temps glissante
entre mes mains. "Que faire en ce cas ?". Elle se
leva : "sortir de la prison de l'anesthésie, taire
l'esclave en soi : retrouver l'individu, ce qui ne peut changer,
aller au fond. Il existe beaucoup de voies pour cela."
Brusquement basculé en contre-plongée sur un plan
à la géométrie impossible, mon esprit, fauché
par un synthétique vertige chancelant, me fit lever les yeux
vers elle. Elle le montra doigt, et me dit alors: "vois,
nous sommes Errance, nous sommes la voie de la Dispersion."
18.03.2004
le seuil du crépusculaire matin arrive
volatile frontière des consciences en dérive
sur le corps plane le cortège de l'épuisement
une marche funèbre sur laquelle sombre la nuit... lentement
j'attends le réveil
le rêve s'étire douloureusement
étouffé dans les lumières de gaz
les sens gisent percés par les aiguilles du temps
les ombres s'évadent et s'écrasent
... inlassablement j'attends le réveil
au loin toute confusion a un sens
au bout du chemin, en allumer l'essence
pour inhaler ce qui reste d'une structure inversée
projection électrique d'une accablante vérité
j'attends le réveil
les vaines nuées de l'espérance doivent être
sacrifiées
puisque sous l'essieu de la nuit rien n'est sacré
aucune délivrance dans l'architecture synthétique
juste vaciller au bord des cieux neurotiques
... hors du sommeil j'attends le réveil
23.03.2004
Les dernières vapeurs de la journée s'injectent dans
la chambre 423
comme une impression d'unité mon regard finit de dériver
sur les toits
tu brise le silence halluciné en ouvrant pour te glisser
sur le balcon
je laisse la géométrie tournoyer et les mots en syncope
au seuil de la raison
pulsantes dans la lumière et bercées douloureusement
tes larmes s'écoulent de la verrière et s'évapoquent
dans le vent
déchirant l'atmosphère, le soleil s'effondre agonisant
lorsqu'il enflamme la ville entière de ses derniers rayons
sanglants
en ce bref instant un abyme bascule sur l'architecture des sentiments
et en cet instant je ne désire pas voir, dans ton regard,...
ce boulversement
les ailes de la solitude couvrent ce royaume morphinique, tes yeux
s'envolent en contre-bas...
... dérivé microcosme tragique, une porte vient de
se refermer sur la chambre 423
28.05.2004
Voilà que s'étendait devant moi la progéniture
de l'humanité,
en ces lieux que les hommes ont abandonné,
se dressaient ces structures de béton et d'acier.
Projections lumineuses glaciales vers un ciel cathodique,
silencieux témoins drapés dans ce verre électrique,
mon ame se berçait de ces dimensions synchroniques.
Parmi ces constructions vibrait l'essence du genre humain,
comme autant de ponts tragiques lancés vers les matins,
cristallisation de l'architecture du surpassement,
suspendu dans le martellement silencieux du temps.
25.05.2004
Tes pas s'étiraient sur le bitume soyeux de la nuit
L'ombre des néons quadrillait chimiquement l'espace de l'amnésie
Ton sourire glissait sur la toile des artifices urbains
Je vis de milliers de curs transpercés par les crochets
du temps
comme le mien
Peut-être es-tu la madone étoilée sur laquelle
Coulent les espoirs narcotiques continuels
Règne tragique des répétitives séquelles
Anesthésiées dans la soie de tes rêves mortels
Les poussières au parfum d'éternité flottaient
sous la lumière délavée
Tes cheveux semblaient définir la mécanique des désirs
Ta silhouette se découpait dans ses flashs syncopés
Sur ce rythme les esprits s'élançaient et ne voulaient
plus mourir
Peut-être es-tu cette figure électrique
Cette icône de neige magnétique
Contre laquelle la somnolence se crashe
Là où tout les désirs se payent cash
Je te suivait dans ce réseau à l'éclairage
taciturne
Devant mes yeux ton venin brûlait le ciel nocturne
Prisonnier lucide dans le filet de ta voix
Enfin ton murmure céleste dévoilait en négatif
cette architecture
puis me dévora
30.06.2004
Le travelling final défile maintenant,
sur la scène glisse une lumière crépusculaire.
Transpercés par les balles du temps,
les anges gisent à présent dans la poussière.
Ici s'arrête le théâtre des élans tragiques,
tout ceci se termine dans le contre-jour électrique
figeant ce brasier, cette chimie aveugle des destins,
que recouvrira bientôt les ombres du quotidien.
Il ne reste que les vapeurs déchirantes aux accents nostalgiques,
la sourde béance du théâtre des aiguilles aux
changements mécaniques,
égrenant impitoyablement sous les cieux névrotiques,
le naufrage terminal de la chevauchée héroïque.
24.08.2004
...
Descente zero sur câble blindé
Nos vies se stockent sur des fichiers ;
Ange en solution dérivée
Alcatraz mental diagnostiqué ;
Naufrage sur papier glacé
Néant en spammeur névrosé ;
Anesthésie locale des rêves éveillés
Subvention du ministère de la réalité
Défilé global des étoiles électriques
Vaine genèse du culte de l'oubli quantique ;
29.10.2004
Déception
La perplexité des étoiles me laissait de glace. Le
béton allongé sous moi pulsait dune agaçante
insistance. Les tours dacier se penchaient avec un air de
sollicitude. Et je les narguais sur leur domaine déserté
de lhumanité en fuite.
Tout se dissolvait lentement, se précipitait inexorablement.
En grésillant, lair jaloux pleurait sur mes yeux stériles.
Là haut, ces solitaires masses déternité
précipitaient lentement mon vide. Et sur moi, les lumières
électriques espèraient en vain laube repentante
et le retour du matin.
Lettres
Cela aurait dû être une lettre damour,
lorsque je regardais horrifié les quelques mots que ma mains
traçaient sur le papier. Javais immédiatement
pensé les déchirer mais la situation sétait
inexplicablement renversée. Cétait maintenant
eux qui se mettaient à déchirer mon esprit, froisser
mon âme pour bientôt jeter le tout au panier
Log out
Déception de mon cur branché sur le compteur
de mes erreurs.
Quand les gouffres de nos imperfections reversent la pire des malédictions.
27.12.2004
Défiler
sur l'asphalte nocturne,
composé vectoriel de la procession,
plongé dans l'aube électrique et vaporeuse,
le ciel est un océan d'hydrocarbure gelé.
Sous les étoiles se presse l'hypnotique liturgie mécanique
du défilé des tombeaux métalliques.
Rejoindre à travers les ténèbres
le domaine des suzerains vampires,
guidés par leurs invisibles filins d'acier,
baignés dans les cathédrales liquides d'émissions
morphiniques.
Une existence léthargique pour un sacrifice résigné,
le sang versé prolonge leur vitalité, ...et garantit
notre long sommeil.
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